À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la 5ᵉ édition du Qawafel Gathering s’est tenue, en partenariat avec Femmes Entrepreneures de Tunisie (FET), le mardi 10 mars au Startup Village, réunissant des femmes entrepreneures, expertes et actrices de l’écosystème autour d’un objectif commun : valoriser le rôle des femmes dans l’export et l’entrepreneuriat, tout en partageant des expériences concrètes et inspirantes.
Organisé dans un esprit d’échange et de transmission, cet événement a été marqué par deux temps forts : une rubrique Débat réunissant des intervenantes de référence, suivie de Success Stories mettant en lumière des parcours inspirants.
Un débat riche autour des défis et opportunités pour les femmes à l’export
Le panel, modéré par Malek Mejri, Manager chez Matine Consulting, a réuni trois intervenantes :
- Leila Belkhiria, Présidente de la CNFCE et Vice Président COMESA federation of women in business
- Sahar Mechri, Fondatrice du programme FET
- Souha Bêjaoui, CEO de ProVerdy
Leila Belkhiria : mieux comprendre les marchés africains pour réussir
Dans son intervention, Leila Belkhiria a souligné le potentiel réel des marchés africains, notamment en Afrique de l’Est et australe, où les produits tunisiens bénéficient d’un préjugé positif. Toutefois, elle a insisté sur plusieurs obstacles majeurs :
- des défis logistiques importants,
- un manque de compétitivité,
- et surtout une connaissance insuffisante des marchés ciblés.
Elle a mis en garde contre une approche limitée de l’accompagnement, encourageant les entreprises à diversifier leurs sources de soutien et à privilégier des dispositifs ciblés. Elle a également évoqué la nécessité d’adapter les mécanismes de financement et de paiement aux réalités africaines.
Enfin, elle a insisté sur un point clé : l’export nécessite de la maturité. Selon elle, il est essentiel de bien choisir ses marchés en tenant compte de la langue, de la culture et des spécificités locales, en s’appuyant sur une véritable connaissance terrain.
Sahar Mechri : démocratiser l’export et structurer les entreprises
Sahar Mechri a mis en avant une évolution notable de l’écosystème entrepreneurial tunisien, notamment grâce à des initiatives comme Startup Act et des programmes d’accompagnement tels que Qawafel, qui ont contribué à démocratiser l’accès à l’export.
Elle a insisté sur la diversité croissante des secteurs investis par les femmes, soulignant qu’aucun domaine ne leur est aujourd’hui inaccessible, même si des disparités persistent.
Son message principal a porté sur la structuration des entreprises :
- mise en place de processus clairs,
- délégation des responsabilités,
- solidité financière.
Selon elle, ces prérequis sont indispensables pour permettre aux entreprises de se projeter à l’international et d’attirer des investisseurs. Elle a également rappelé que l’export demande des ressources importantes, ce qui nécessite une préparation en amont rigoureuse.
Souha Bêjaoui : viser grand et s’appuyer sur les réseaux
Souha Bêjaoui a partagé une perspective issue du secteur technologique, où les contraintes logistiques sont moins présentes. Cependant, elle a souligné d’autres défis, notamment liés aux relations bancaires et à la crédibilité commerciale.
Elle a conseillé aux entrepreneurs de cibler des clients de grande envergure dès le départ, afin de bâtir des références solides qui faciliteront l’accès à d’autres marchés.
Elle a également insisté sur l’importance de l’écosystème et des réseaux, en particulier les réseaux féminins, encourageant les entrepreneures à s’entourer et à s’appuyer sur des communautés solides.
Success Stories : des parcours inspirants et des conseils concrets
La deuxième partie de l’événement a donné la parole à deux entrepreneures tunisiennes qui ont partagé leurs expériences terrain :
- Zhaira Bennani, CEO de Well’Com Coaching
- Ameni Riahi, CEO de STEPS
Ameni Riahi : l’importance de la spécialisation
Ameni Riahi a mis en avant l’importance de structurer son entreprise dès le départ, en cohérence avec les recommandations du panel.
Elle a également insisté sur la nécessité de se positionner sur une niche spécifique, expliquant qu’il est irréaliste de vouloir adresser tous les marchés ou tous les clients. Une stratégie ciblée permet, selon elle, d’optimiser les efforts de prospection et d’améliorer les chances de réussite.
Zhaira Bennani : visibilité et contraintes administratives
De son côté, Zhaira Bennani a souligné l’importance de la visibilité et de l’image de marque, qui doivent refléter fidèlement le positionnement et les valeurs de l’entreprise.
Elle a également évoqué un défi souvent sous-estimé : les lourdeurs administratives, qui peuvent parfois faire perdre des opportunités commerciales. Elle a ainsi appelé à des réformes pour améliorer l’environnement des affaires en Tunisie.
Un événement porteur de messages forts
Cette 5ᵉ édition du Qawafel Gathering a permis de mettre en lumière plusieurs messages clés :
- L’export est accessible, mais nécessite une préparation stratégique.
- La structuration de l’entreprise est un prérequis indispensable.
- La connaissance des marchés africains est déterminante pour réussir.
- Les réseaux et les communautés jouent un rôle clé dans le développement des entreprises.
- Les femmes entrepreneures occupent aujourd’hui une place croissante dans tous les secteurs.
En réunissant expertise, retours d’expérience et échanges authentiques, cet événement a confirmé le rôle du Qawafel Gathering comme espace de dialogue, contribuant activement à renforcer la présence des entreprises tunisiennes à l’international.
Publié le 3 avril 2026, par Aya OUERTANI



























